L'OSSAU

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Connaissez-vous Jean-Pierre ? Ne cherchez pas parmi les célébrités, car le   Jean-Pierre qui nous intéresse aujourd’hui n’est autre que le pic du Midi d’Ossau. Surnommé ainsi par les béarnais, il porte un prénom double en hommage à sa double pointe. Arrière plan du panorama du boulevard des Pyrénées à PAU, il dresse sa fière silhouette en forme de mitre d’évèque, comme on l’écrivait dans les vieux guides touristiques.
D’altitude bien plus modeste que le massif voisin du Balaïtous, l’OSSAU réussit à éclipser tous ses voisins : squelette d’un ancien volcan, coulée de lave refroidie à l’intérieur de sa cheminée, il nous offre aujourd’hui le spectacle d’une magnifique double aiguille de porphyre, car l’érosion a depuis longtemps effacé le reste du volcan.
PAU sans le pic d’OSSAU serait comme Paris sans la Tour Eiffel. En le regardant tous les jours, on peut prévoir le temps : noyé dans un ciel bleu brumeux, c’est le beau temps assuré. S’il se découpe si nettement qu’on croirait le toucher, gare à la pluie pour demain. Scintillant et plâtré de neige, il nous montre les premières chutes de l’automne ou les giboulées tardives de Mai. Et si un beau jour il disparaît de l’arrière plan, ne nous laissant à voir que les montagnes de la basse vallée, c’est que le mauvais temps s’attarde sur les sommets frontaliers.
Une telle allure ne peut laisser les hommes indifférents. La première tentative d’ascension remonte au XVIe Siècle. Un certain CANDALE, essaya, mais ne put en venir à bout malgré ses crampons, ses échelles et sa robe fourrée. Deux siècles plus tard, en Octobre 1796, ce fut Delfau qui en fit la première ascension. Un récit grandiloquent et son testament écrit au sommet laissent à penser que l’expédition ne fut pas facile, et que le bonhomme crut, à tort, sa dernière heure venue. L’OSSAU est en effet un des rares pics des Pyrénées que l’on ne peut gravir en marchant, car sa voie normale comporte 3 cheminées à escalader. Deux autres récits d’ascension de ce pic nous sont rapportés quelques années plus tard. La plus célèbre, parfois considérée à tort comme une première, est l’ascension par la face Ouest en 1895 : réalisée par des grands noms du Pyrénéisme : Henri BRULLE, en compagnie du comte d’Astorg, guidés par les célèbres Celestin PASSET et François SALLES. Mais après tout saura-t-on jamais si un anonyme berger, qui n’a laissé ni récit, ni carte de visite, n’est pas monté le premier ?
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