Première ascencion de l'Aneto, 20 juillet 1842

PICT9704-copie-3.JPG
En 1842 deux touristes atteignent enfin l’Aneto, le toit des Pyrénées. Ils le doivent à l’habileté de chasseurs d’isards de Luchon.
Né à Fécamp en 1814, le comte de Franqueville est un pyrénéiste passionné. Une seule idée le hante : l’ANETO, le NETHOU comme on disait alors. En 1842, un officier russe, Tchihatcheff, arrive à Luchon avec le même objectif.
Les deux hommes partent donc le 18 juillet. Ils sont accompagnés de 4 des meilleurs chasseurs d’isards du moment. Ils passent la brèche de Venasque, et bivouaquent le premier soir à la Rencluse, au pied du versant Nord, comme on le fait encore aujourd’hui. Nos deux explorateurs enchaîneraient bien une ascension directe par le glacier ; c’est la fameuse voie normale si fréquentée de nos jours : mais les chasseurs d’isards n’osent s’y risquer, et pour cause : rappelez-vous la mort récente de leur collègue Pierre BARRAU dans ce glacier. L’expédition entreprend donc un vaste mouvement de contournement par l’Ouest, une sorte de spirale pour revenir attaquer l’Aneto par le sud. Franqueville et Tchihatcheff sont les premiers touristes à traverser ce massif connu des seuls chasseurs d’isards. Ils découvrent des paysages granitiques désolés ; surplombent les lacs d’Alble et de Gregonio, et arrivent, le deuxième soir, au fond de la vallée de Vallibierne. Le troisième jour on atteint enfin la crète au col de Coroné ; trois jours pour faire ce qui demande quelques heures par la voie normale. Une dernière difficulté les attend, et non des moindres : le pont de Mahomet, ce passage légendaire qui défend le sommet. Quelques mètres sur une crète de granit très aérienne. Rendons alors aux pyrénéens ce qu’il leur appartient : c’est grâce à l’agilité des chasseurs d’isards de Luchon que le sommet est vaincu : insensibles au vertige, ils déblaient les blocs instables et ouvrent la voie au comte de Franqueville et à l’officier Tchihatcheff. Nous sommes le 20 juillet 1842, l’ANETO est vaincu et les 6 hommes passent une heure au sommet à savourer leur joie. Le glacier cesse enfin d’être maudit : rassurés par ce qu’ils ont vu, les guides acceptent, quatre jours plus tard, de refaire l’ascension, mais par la voie normale cette fois-ci : six heures à peine depuis la Rencluse. Une page est tournée pour le pyrénéisme. Pour le comte de Franqueville aussi d’ailleurs : il abandonne son château normand pour en acheter un à Bizanos, près de Pau. Il peut ainsi avoir constamment les Pyrénées sous ses yeux.
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus