Célèbre pour sa découverte du Mt PERDU en 1802, il a laissé son nom à un sommet voisin, le Soum de Ramoun, mais aussi à une fleur pyrénéenne, la Ramondia, ou encore à une rue de PAU, sans oublier
son violoncelle que vous pouvez voir au musée pyrénéen de Lourdes. Mais comment a fait ce Strasbourgeois éclectique, botaniste, géologue et artiste, pour atterrir à Barèges et devenir amoureux
des Pyrénées, au point de les explorer pendant 23 ans? Contemporain de Goethe qu'il rencontre à Strasbourg, le jeune Ramond veut se lancer dans une carrière littéraire. Ecrivain certes doué, dans
une forme rappelant Rousseau, il doit trouver un sujet lui permettant de percer: et c'est une idée de génie qui le rend célèbre: suite à un voyage à pied dans les Alpes suisses, Ramond lance la
"littérature de montagne": décrivant à ses contemporains ce monde des hauteurs, aussi étrange pour eux que ne l'est pour nous la planète Mars. Tout y passe, paysages minéraux, flore,
météorologie, sans oublier les émotions et états d'âmes des grimpeurs galvanisés par l'air vif des hauteurs. Tout Paris s'arrache ses pages. L'éditeur Grimm, ou encore Buffon ou Malesherbes
deviennent ses amis. Célèbre à 26 ans, Ramond se trouve alors un protecteur naturel, son évêque, le cardinal de Rohan. Le voilà donc, conseiller privé, puis secrétaire du cardinal. Rien à voir
avec les Pyrénées, et encore moins avec le Mont-Perdu. Mais laissons faire les hasards de la vie: Survient d'abord un alchimiste, le célèbre Cagliostro: il embobine notre cardinal, et au passage
son secrétaire, promu laborantin dans les expériences de transmutation. Ramond n'aimera jamais évoquer cette période, même sur ces vieux jours. Puis arrive l'affaire du collier de la reine, dont
vous avez lu la version romancée dans les trois mousquetaires. Bien qu'innocent, le maladroit cardinal se trouve compromis, traîné en justice, et exilé. Fidèle secrétaire, Ramond suit le cardinal
dans son infortune, et arrive en 1787 à Barèges, où le cardinal va "prendre les eaux". Le voilà donc, à 32 ans, entré en scène, prêt à explorer et raconter les Pyrénées, sans se douter de la
gloire qui l'attendra 15 ans plus tard, lorsqu'il parviendra enfin au sommet du Mt-Perdu.